L'EUDR, un changement de régime pour la filière
Le règlement (UE) 2023/1115 interdit la mise sur le marché européen de produits — dont le cacao — liés à une déforestation postérieure au 31 décembre 2020. Son application est échelonnée (fin 2025 pour les grands opérateurs, 2026 pour les petites entreprises). Concrètement, l'importateur doit fournir une déclaration de diligence raisonnée : coordonnées de géolocalisation des parcelles de production et preuve que ces parcelles n'ont pas été déboisées après la date butoir.
Pour un pays qui fournit une part majeure du cacao consommé en Europe, l'enjeu est systémique. Ce ne sont pas seulement quelques grands exportateurs qui sont concernés, mais des centaines de coopératives et des centaines de milliers de petits planteurs, dont beaucoup cultivent moins de cinq hectares.
Le point aveugle : la traçabilité à l'échelle des petits planteurs
La difficulté n'est pas le principe — personne ne défend la déforestation — mais l'exécution à l'échelle. Un planteur dispose souvent d'un téléphone Android, d'un repère GPS approximatif et d'aucun cadastre fiable. La coopérative, elle, doit agréger des milliers de points, vérifier qu'aucun ne tombe dans une zone déboisée après 2020, et produire un dossier opposable. Fait à la main, c'est intenable.
Le risque est double : l'exclusion du marché européen pour les filières qui ne sauront pas prouver leur conformité, et la pénalisation injuste de planteurs vertueux faute d'outils pour documenter leur diligence.
AgroSense CI : géolocalisation, masques satellitaires, rapport en un clic
C'est précisément cet écart qu'AgroSense CI adresse. La plateforme géolocalise chaque parcelle avec une précision inférieure à cinq mètres, puis croise sa position avec les masques satellitaires de déforestation (imagerie Sentinel-2, données de couverture forestière). Si la parcelle est restée hors des zones déboisées après 2020, le système le prouve ; le rapport de conformité EUDR se génère ensuite en un clic, à l'échelle de la coopérative.
La traçabilité ne s'arrête pas à la parcelle : chaque livraison de fèves peut être rattachée à son origine GPS. La coopérative passe d'un classeur de déclarations à un dossier numérique horodaté, vérifiable par le bureau d'achat comme par l'autorité.
La même infrastructure de données sert l'agronomie. AgroSense croise capteurs au sol (humidité, température, pluviométrie), imagerie satellite et modèles climatiques (SODEXAM, ERA5, CHIRPS) pour produire des recommandations parcelle par parcelle : quand traiter, quand récolter, quand irriguer. Les modèles entraînés sur l'historique ivoirien anticipent l'apparition de la pourriture brune du cacao avec un horizon de quatorze jours.
La connectivité est pensée pour le terrain : capteurs LoRaWAN longue portée et basse consommation, passerelle par coopérative, fonctionnement en mode dégradé hors-ligne. Aucune mesure n'est perdue, même là où la 4G n'arrive pas.
Une conviction : la donnée agricole doit rester souveraine
Les données décrivent ici la propriété et la pratique de centaines de milliers de planteurs. Elles appartiennent aux producteurs et aux coopératives ; OpenLab en est l'hébergeur technique, sur une infrastructure sous contrôle, sans revente à des tiers. La conformité réglementaire ne doit pas se payer d'une dépossession des données par des acteurs étrangers à la filière.
L'EUDR sera vécue comme une contrainte par ceux qui la subissent, et comme un avantage par ceux qui s'y préparent avec les bons outils. La donnée, l'IoT et l'imagerie satellite savent aujourd'hui faire la preuve du « zéro déforestation » — à condition que quelqu'un fasse le pont entre la technologie et la coopérative.
AgroSense CI est l’une des huit solutions propriétaires d’OpenLab Consulting. Découvrez la plateforme d’agriculture de précision et de conformité EUDR sur /solutions/agrosense.